Galerie de portraits
Etonnants L'Hostis
Inscrits dans le marbre
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Le patronyme apparaît quelques fois dans des œuvres littéraires sous la forme d’un personnage ou d’un lieu. Ainsi dans une de ses œuvres les plus abouties, « Le Pays », Joseph-Guy Ropartz (1865-1955) propose un opéra dont l’action se déroule en Islande mais dont le personnage aspire à revenir au pays, en Bretagne. Il souhaite aussi retrouver une fiancée, Françoise Lhostis. Etrangement, Charles Le Goffic supprimera ce personnage par la suite.
Mais ce même Charles Le Goffic connaîtra un succès littéraire avec « Le crucifié de Keraliès », œuvre assez sombre où l’on retrouve le cadavre du douanier Thomassin dans la lande du Convenant Lhostis.
C’est aussi à proximité immédiate du Convenant L’Hostis en Pluzunet que se situe la légende du lièvre de Coatnizan.

Le lièvre de Coatnizan
Tous les châteaux en ruine ont leur lièvre enchanté : le sordet.
Rien que dans le pays de Lannion, il y a le lièvre du château de Tonquédec, celui du château de Coat-frec, celui du château de Coatnizan, celui du château de Kerham et d'autres que j'oublie.
Ces lièvres sont les âmes d'anciens seigneurs qui font pénitence sous cette forme. Parce qu'ils faisaient trembler tout le monde de leur vivant, ils ont été condamnés à devenir les plus peureux des animaux après leur mort. Ils ne sont délivrés que lorsqu'ils ont essuyé de la part des chasseurs, qui tirent sur eux sans savoir qui ils sont, autant de coups de fusils qu'ils en ont tiré ou fait tirer eux-mêmes sur les pauvres gens qui étaient autrefois sous leur dépendance.
Le plomb les traverse de part en part sans les tuer et sans qu'il se répande une goutte de sang : mais ils ne souffrent pas moins le même mal que s'ils mouraient à chaque fois.


C'est ainsi que Jérôme L’Hostis, de Pluzunet, chassant un jour sur les terres de Coatnizan, vit un lièvre de taille extraordinaire se lever devant ses pas et chercher refuge dans le colombier.
-Ma foi-, se dit-il tout content, c'est comme si je l'avais dans ma gibecière.
Une chose pourtant l'étonna : son chien qui, comme lui, avait vu la bête, ne paraissait nullement désireux de partir à sa poursuite. Il dut entrer seul dans le colombier. Le lièvre était là, acculé au mur. Et Jérôme L’Hostis d'épauler et de presser sur la gâchette. Poum ! La fumée s'étant dissipée, il s'avança pour mettre la main sur le gibier, sans autre crainte que celle de l'avoir massacré pour l'avoir tiré de si près. Mais sa stupéfaction fut grande de constater que l'animal était vivant et qu'il le regardait sans bouger, avec des yeux comme ceux d'un homme.
-Maladroit que je suis ! s'écria Jérôme L’Hostis, persuadé qu'il avait visé à côté, lui qui passait, à juste titre, pour le plus habile tireur du pays.
Et il allait épauler une deuxième fois.
Mais le lièvre lui dit :
Tu as tort de te fâcher contre toi-même, car tu ne m'as pas manqué.
Jérôme ressentit une telle épouvante que son fusil lui tomba des mains. L'animal reprit d'un ton triste :
-Tire cependant. Tu abrègeras d'autant plus mon purgatoire que j'ai encore sept cent vingt-sept coups de fusil à recevoir avant d'être délivré.
Jérôme L’Hostis ramassa, en effet, son fusil, mais ce fut, vous le concevez, pour détaler au plus vite. Cette fois c'était le lièvre qui avait fait fuir le chasseur.

Hervé Jaouen, écrivain connu pour ses polars bretons publie en 1983 « Toilette des morts », aux éditions Engrenage. Il y présente le personnage de Lhostis, réfractaire au Service National, qui simulait la folie. Après le suicide de sa compagne, le personnage va châtier les six responsables du drame.